Archives Mensuelles: juin 2018

Apprendre à faire une butte (version complète)

Logo MALEVZFaire son propre jardin, avec ses propres fruits, ses légumes ? Oui ! Mais par où commencer … On parle de permaculture, de semences paysannes, de buttes : tout cela semble très intéressant mais il est vrai que lorsqu’on débute, c’est dur de s’y retrouver. Dans cette version complétant la version « apprendre à faire une butte en moins de 2 minutes », nous allons essayer de comprendre l’intérêt et la fabrication détaillée de butte

Alors on vous propose quelques conseils pour commencer votre jardin et pour entreprendre la construction de ce qui constituera peut-être les bases de votre futur oasis végétale (comme chez Raffaele!).

Nous mettons à votre disposition les liens qui nous ont servi à élaborer cet article afin que vous puissiez aussi consulter ces sites et articles très intéressants.

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Faire des buttes est à la portée de tous comme le prouve notre intervention à l’école primaire Suzanne Russier de Nouméa

Pourquoi faire des buttes dans son jardin ?

L’avantage principal de la butte, c’est qu’elle constitue un milieu particulièrement fertile pour les plantes et qu’elle peut se construire à peu près partout et accueillir tout type de semence. Cependant, l’élaboration d’une butte doit correspondre aux besoins des plantes, mais aussi aux caractéristiques du lieu où l’on veut l’installer. Les buttes ne sont pas toujours nécessaires lorsque l’on possède déjà un sol fertile par exemple. Généralement, la culture sur butte est intéressante lorsque l’on ne dispose pas d’un sol fertile ou que l’on veut cultiver dans des endroits arides et hostiles pour les plantations (grande exposition au vent, pente forte, etc.).

En fait, lorsque l’on construit une butte, on recopie les différentes couches présentes dans un sol fertile dans la nature et qui permettent plusieurs choses particulièrement essentielles au bon développement des plantes. Premièrement, une butte contient à la fois une couche de matière azotée et de matière carbonée. La matière organique azotée est essentielle car, à part les fabacées comme les légumineuses par exemple, toutes les plantes se nourrissent à partir de l’azote qu’elles captent dans le sol par les racines. L’azote est décomposé dans le sol sous forme de nitrates assimilé par les plantes. Cette décomposition est permise par des bactéries qui vivent dans le sol. C’est justement pour encourager le développement de ces bactéries et des micro-organismes qui participent à la fois à la décomposition de certains éléments nécessaires aux plantes et à l’aération du sol, que l’on ajoute de la matière organique carbonée.

Source : https://www.permaculturedesign.fr/cycle-azote-nutriment-fertilite-permaculture/

Ensuite, on ajoute généralement du paillage sur le dessus de la butte pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cela permet d’empêcher les très jeunes pousses d’être détruites par la pluie, abîmées par le vent ou brûlées par le soleil. Deuxièmement, le paillage est important pour conserver l’humidité présente dans le sol. Par conséquent, l’évaporation est limitée et il est moins nécessaire d’arroser régulièrement.

Même s’il faut rappeler qu’il existe plusieurs types de buttes, voilà les grands points communs entre toutes ces techniques qui expliquent les avantages de la constitution de buttes.

D’accord, mais comment faire alors ?

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Butte lasagne, butte hugelkultur, butte sandwich, …. Les buttes se déclinent sous de nombreuses formes et le choix du type de butte à élaborer dépend des exigences du jardinier, de la typologie du sol, du climat, du type de semences plantées, etc.

Butte lasagne ou butte permanente

Male’Va a réalisé une vidéo tutorielle afin d’expliquer comment constituer une butte permanente :

https://www.youtube.com/watch?v=_tjih4fGCeA

Butte sandwich

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Butte forestière ou “hugelkultur”

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Source : http://le-jardin-nourricier.net/les-differentes-buttes/

Il faut aussi savoir qu’une butte a généralement une durée de vie de 3 à 4 ans, au-delà de cette durée, elle perd de sa fertilité. Il faudra donc la reconstruire.

Super, c’est pas si dur en fait ! Alors si on s’y mettait ? (matériel)

Tout dépend du type de butte que vous voulez réaliser mais en général vous aurez besoin de :

  1. Matière organique carbonée (ou matière sèche) : feuilles mortes, la paille, les brindilles, le carton sans impressions, les copeaux de bois.
  2. Matière organique azotée (ou matière verte) : tontes de gazon, les jeunes feuilles tendres, les épluchures de fruits et légumes.
  3. Paillage : herbes sèches, paille, copeaux de bois
  4. BRF : Bois Raméal Fragmenté (pour combler les espaces entre la matière sèche ou matière organique carbonée)
  5. Eau

http://www.monjardinenpermaculture.fr/pages/equilibre-carbone-azote

https://www.montremoicomment.com/jardinage/comment-faire-une-butte-de-culture.html

Bien sûr, tout cela s’accompagne des outils favoris du jardinier qui peuvent être la pelle, une paire de gants, un arrosoir par exemple !

Pour plus d’infos …

Aujourd’hui, nous avons la chance de disposer pour la plupart d’entre nous de nombreuses sources d’informations. Ces sources nous servent à nous informer et même s’il faut rester prudent sur les contenus présentés, vérifier leur origine, leur fiabilité, ils nous permettent tout de même d’assouvir notre soif de connaissance et notre curiosité. En effet, certains personnages phares de la permaculture ne conseillent pas l’utilisation systématique de buttes dans les jardins, d’autres l’encouragent fortement… A chacun de s’adapter en fonction de son sol, de ses convictions, de ses objectifs ! En permaculture, la richesse de la pluralité est vivement encouragée, il n’existe jamais qu’une seule méthode, le savoir étant pluriel, toutes les alternatives sont une richesse, bien que différentes. Ainsi, nous vous mettons à disposition des liens d’articles qui justifient les différents points de vue sur les buttes. Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive mais elle permet déjà de voir qu’il existe plusieurs perspectives envisageables pour votre jardin !

Les avantages de la culture sur butte:

https://assomaleva.files.wordpress.com/2016/02/culture-sur-butte.pdf

http://www.terrevivante.org/1512-la-culture-sur-buttes.htm
Favorable aux buttes, mais pas systématiquement https://fermesdavenir.org/fermes-davenir/outils/les-buttes
Contre les butteshttp://www.lejardinvivant.fr/2015/09/28/buttes-de-permaculture-idees-recues/
Choisir son support de culture :https://www.permaculturedesign.fr/trouver-support-culture-ideal-butte-potager-production-nourriture/
Male’Va propose également des formations pour apprendre à constituer son jardin naturel, n’hésitez pas à aller vous renseigner sur le site !

Coline Chavane et Camille Campo pour Male’Va

Apprendre à faire une butte (en moins de 2 minutes)

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Faire son propre jardin, avec ses propres fruits, ses légumes ? Oui ! Mais par où commencer … On parle de permaculture, de semences paysannes, de buttes : tout cela semble très intéressant mais il est vrai que lorsqu’on débute, c’est dur de s’y retrouver. Dans cette version résumant la version complète, nous allons essayer de voir en moins de 2 minutes comment construire sa butte. 

Permaculture Bernard Alonso

Formation Male’Va avec Bernard Alonso, nos stagiaires en pleine création de butte

1,2,3 go !

Pourquoi ? Créer un milieu fertile pour ses semences en recréant les différentes couches présentes dans un sol fertile, c’est à dire de la matière organique azotée, de la matière organique carbonée, et du paillage pour protéger les jeunes pousses et limiter l’évaporation.

Où ? Bonne nouvelle, vous pouvez faire des buttes partout ! Cependant, il faut prendre en compte le sol de départ : sur certains sols peu fertiles voire pas fertiles (un sol de terrasse par exemple) il faut créer une séparation entre la butte et le sol. Il s’agit alors de créer la butte dans un pot ou de placer un géotextile.

Comment ? Nous allons essayer d’aller au plus simple. Cependant il faut savoir que différents types de buttes existent (voir version complète)

Male’Va a réalisé une vidéo tutorielle afin d’expliquer comment constituer une butte permanente :

https://www.youtube.com/watch?v=_tjih4fGCeA

  1. Mettre du branchage au fond de la butte pour aérer le sol
  2. Placer en couche d’environ 10 à 20 cm de la matière carbonée (feuilles mortes, paille,  carton sans impression, brindille, copeaux de bois) . Arroser
  3. Placer en couche d’environ 10 à 20 cm de la matière azotée (tontes de gazon, jeunes feuilles tendres, épluchures de fruits et légumes). Arroser
  4. Répéter les étapes 2 et 3 si possible
  5. Placer une couche de terreau ou de compost de préférence
  6. Planter vos semis/plants
  7. Pailler le tout de manière à protéger les semis du vent et du soleil et à préserver l’humidité

Et après ? Vos semis nécessiteront  peu d’entretien grâce à l’humidité préservée dans la butte par la paille et la matière organique. Il est tout de même important de noter que l’on peut observer une baisse de la fertilité des buttes 3 à 4 ans après leur construction : il sera alors temps d’en refaire une autre. Il existe une diversité incroyable de butte, n’hésitez pas à multiplier vos recherches pour trouver celle qui conviendra le mieux à votre terrain et à vos plantes.

Coline Chavane et Camille Campo pour Male’Va 

Vos annonces « échange semences » gratuites sur Le MAG de BROUSSE

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Bonjour à toutes et à tous !
Le Mag de brousse a contacté notre association pour une proposition qui vous séduira toutes et tous. En effet, il est prévu d’y créer un espace dédié à des petites annonces réservées aux échanges de semences, boutures, plantes, etc…
La publication de ces annonces est totalement gratuite, et le magazine lui-même est gratuit, c’est donc une information qu’il nous fallait absolument publier ! Le Mag de Brousse, c’est le plus gros tirage en brousse avec 10000 exemplaires bimestriels, distribués dans même les communes les plus excentrées.
Dès aujourd’hui, si vous habitez en brousse (Tontouta et au-delà) et avez quelques semences ou plantes à échanger/donner, ou si vous en cherchez certaines variétés, n’hésitez pas à envoyer votre annonce à lemagdebrousse@yahoo.com, ou sur la page facebook du mag : https://fr-fr.facebook.com/lemagdebrousse/
Le nombre de lignes dans vos annonces n’est pas limité, mais préférez le format « petite annonce », quitte à scinder si votre annonce comporte plusieurs demandes.
Le prochain numéro paraîtra vers le 12 Juillet.
Et n’hésitez pas à partager l’info autour de vous !
A bientôt !

 

Agriculture et jardiniers en herbe à l’école primaire Suzanne Russier de Nouméa

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Ce jeudi 7 juin, nous étions présentes à l’école Suzanne Russier pour parler de la permaculture aux enfants de CM2 de la classe de Madame Laurence Larher. Dans le cadre du chapitre de CM2 “L’agriculture en France et en Europe”, nous avons abordé les thèmes de l’agriculture conventionnelle, en montrant quelles sont ses limites, puis nous avons présenté l’agriculture biologique, avant de terminer sur la permaculture, qui est plus qu’un simple type d’agriculture. C’était donc dans une ambiance studieuse et attentive que les enfants de Suzanne Russier nous ont écouté, et nous ont aidé à réfléchir à comment cultiver la terre en respectant notre belle planète.

Les différents types d’agriculture

Notre intervention s’inscrivait dans le cadre d’un chapitre du programme de CM2 sur l’agriculture. Par conséquent, nous avons commencé par définir ce qu’est l’agriculture. Ainsi, les élèves ont pu comprendre que l’agriculture, qui regroupe la culture de plantes et l’élevage d’animaux, peut s’effectuer de différentes façons.

Tout d’abord, nous avons exposé ce qu’est l’agriculture conventionnelle, qui utilise la monoculture, et des engrais et pesticides chimiques pour faire pousser plus, et plus vite. Cependant, avec les enfants, nous avons observé quels pouvaient être les effets de ce type d’agriculture sur notre environnement. Nous avons donc étudié la pollution des sols et des nappes phréatiques, la contamination des agriculteurs et des consommateurs par les produits chimiques utilisés, ainsi que les dégâts causés par l’extermination de tous les insectes par les pesticides sur le bon développement des plantes, de la biodiversité et sur la préservation du sol.

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C’est là que certains élèves nous ont partagé leur expérience en remarquant qu’il existait pourtant des solutions alternatives à l’agriculture conventionnelle. C’est par exemple le cas de ces élèves :  “Ma mémé elle laisse les insectes sur les plantes car elle m’a dit que ça les aidait à pousser”, “Chez moi, mon père plante plein d’espèces différentes au même endroit, du coup c’est pas comme la monoculture (terme vu ensemble) de l’agriculture conventionnelle”. En effet, l’agriculture conventionnelle a oublié les notions très importantes de biodiversité et d’écosystème !

 

Après avoir défini ces deux notions, nous avons vu ensemble ce qu’est l’agriculture biologique et en quoi ce type d’agriculture est plus respectueux de l’environnement. Une fois que nous avons constaté les différences entre agriculture conventionnelle et agriculture biologique, nous avons vu qu’il existait encore une autre façon de penser l’agriculture, de penser notre rapport aux plantes, à notre environnement et d’autres manière de le préserver. C’est là que nous avons présenté la permaculture. Plus qu’un type d’agriculture, la permaculture est aussi un mode de vie, qui s’appuie sur l’association de plantes et d’espèces. En s’aidant de ce que l’on peut observer directement dans la nature, nous avons appris qu’il était important de conserver la biodiversité et de prendre en compte l’écosystème lorsque l’on veut cultiver des plantes saines et bonnes pour notre santé.

La permaculture et l’atelier “mini butte lasagne”

Après avoir parlé de l’agriculture conventionnelle et biologique, puis de la permaculture, il est venu le temps de rentrer dans le coeur du sujet, et surtout dans le coeur de l’action. C’est donc en extérieur que s’est déroulé la suite de l’intervention avec un atelier “mini butte lasagne” et une explication des principes de la permaculture (voir photo ci-dessous). Chacun avait amené sa bouteille en plastique, des petits trous ont été fait pour laisser l’eau s’écouler. C’est donc différentes couches en lasagne, successivement du branchage, de la matière carbonée, de la matière azotée et du terreau qui ont servi de sol fertile pour les petites graines de basilic (reproductibles et calédoniennes bien entendu). On a ensuite paillé le tout pour protéger la semence du vent, du soleil et conserver l’humidité de la mini-butte. Pourtant, certains ont remarqué que nous avions peut-être oublié quelque chose dans cette lasagne… “il manque la sauce tomate sur la lasagne !”
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C’est donc avec beaucoup de bienveillance que s’est déroulée cette après-midi à l’école Suzanne Russier grâce à l’aide de la maîtresse Madame Laurence Larher et grâce à la participation enthousiaste des élèves !  Chacun a apporté sa petite graine de connaissance pour une après-midi des plus fertile.

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Male’Va au Rendez-vous au jardin de Kaméré

Ce samedi 2 juin, nous étions présentes avec l’association Male’Va à la journée du
jardin organisée par la médiathèque de Kaméré. Accompagnées par Mireille, Gaby
et Kevin, nous venions échanger des semences et partager sur la permaculture
avec les visiteurs. Cette intervention s’est déroulée dans le cadre des Rendez Vous
au Jardin, weekend où, un peu partout sur le territoire, diverses manifestations
ont lieu sur le thème du jardin, encadré par la Direction de la culture, du
Patrimoine et du rayonnement de la mairie de Nouméa.

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Des ateliers autour du thème du jardin étaient organisés et nous étions mobilisés
pour le troc de plantes et de graines paysannes non commerciales, mais aussi pour
partager avec les visiteurs autour du jardinage. Cette intervention fut l’occasion
de fournir des conseils et d’apprendre de l’expérience de chacun. En effet,
l’utilisation des semences et des plantes sont multiples et c’est en échangeant sur
leur bienfaits et la manière de les employer que notre mobilisation devient
pertinente dans le but d’atteindre une plus grande souveraineté alimentaire et
semencière.

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Male’Va s’est donc occupé d’organiser le troc aux plantes (nous avons eu de très
beaux papayers ! ), ainsi que de semences. En ce qui concerne les semences, nous
avons mis à disposition un flyer informatif permettant d’expliquer le fait que nos
semences sont reproductibles et d’origine paysanne, à la différence des semences
HF1 ,très répandues dans le commerce, et conçues en laboratoire (elles sont
hybrides donc non reproductibles). Il s’agissait d’insister aussi sur le fait que nos
semences proviennent des champs et jardins calédoniens.

C’est donc sous un très beau soleil et en dégustant les délicieuses boissons
d’Anthéa (de Fert’île mais aussi membre de Male’Va) que nous avons
pu partager cette matinée avec les visiteurs mais aussi les autres intervenants
(ateliers créatifs, exposition de photos sur les jardins familiaux du centre
communal d’actions sociales (CCAS), dégustation de boissons locales).
Pour ceux qui n’ont pas pu venir nous rencontrer, nous aurons l’occasion de nous
retrouver dès la semaine prochaine pour une ambiance des plus sportives au
Pandathlon de WWF à Dumbéa !
Fertilement vôtre,

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Coline et Camille